Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP)
Le déficit fonctionnel permanent (DFP), encore appelé atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique (AIPP), répare les séquelles définitives qui subsistent après la consolidation. Exprimé en taux puis valorisé par un point dont le montant dépend de votre âge et de l'importance du taux retenu, c'est l'un des postes les plus lourds de la nomenclature Dintilhac.

Lorsque l'état de santé se stabilise, certaines atteintes ne disparaissent plus : limitations fonctionnelles, douleurs persistantes, troubles définitifs des fonctions physiques ou psychiques. C'est précisément ce que répare le déficit fonctionnel permanent. Poste extrapatrimonial et permanent de la nomenclature Dintilhac, le DFP indemnise l'altération définitive des fonctions de la victime, les douleurs qui demeurent au-delà de la consolidation et la perte de qualité de vie qui en résulte. Au nom du principe de réparation intégrale — tout le préjudice, rien que le préjudice — chaque composante de cette atteinte permanente doit être identifiée et chiffrée sans concession, car aucun poste n'est accordé d'office et l'assureur a tout intérêt à le minorer.
Qu'est-ce que le déficit fonctionnel permanent ?
Le déficit fonctionnel permanent recouvre trois dimensions indissociables, qui s'apprécient toutes après la consolidation. Il indemnise d'abord la réduction définitive du potentiel physique, psychosensoriel ou intellectuel : tout ce que la victime ne peut plus accomplir comme avant. Il répare ensuite les douleurs permanentes, c'est-à-dire celles qui se prolongent au-delà de la consolidation et accompagnent désormais le quotidien. Il prend enfin en compte le retentissement de ces séquelles sur la vie de tous les jours, la perte d'autonomie et l'altération durable de la qualité de vie. Le DFP n'est donc pas une simple atteinte « médicale » : c'est la traduction, en droit de la réparation, de la nouvelle vie imposée par l'accident.
- la réduction définitive du potentiel physique, psychosensoriel ou intellectuel ;
- les douleurs qui persistent après la consolidation ;
- le retentissement permanent sur les actes et le confort de la vie quotidienne.
La consolidation, point de départ du DFP
La consolidation désigne le moment où l'état de la victime se stabilise, où les lésions prennent un caractère permanent et ne sont plus susceptibles d'amélioration par un traitement. Elle constitue le pivot de l'évaluation : avant la consolidation, les préjudices sont temporaires — c'est le déficit fonctionnel temporaire (DFT) qui répare la gêne subie pendant la maladie traumatique ; après, ils deviennent permanents, et le déficit fonctionnel permanent prend le relais pour réparer l'état séquellaire définitif. Fixer prématurément la date de consolidation prive la victime de la réparation de séquelles encore évolutives : la date retenue par l'expert peut donc être discutée, et son report sollicité lorsque l'état n'est manifestement pas stabilisé.
Le taux d'AIPP : une évaluation en pourcentage
Le déficit fonctionnel permanent s'exprime d'abord sous la forme d'un taux, l'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique (AIPP), arrêté en pourcentage par le médecin-expert. Ce taux mesure l'importance globale des séquelles : un taux faible traduit une atteinte limitée, un taux élevé une atteinte lourde et invalidante. C'est lors de l'expertise médicale que ce taux se détermine, à l'issue d'un examen clinique, de l'étude des pièces médicales et du recueil des doléances de la victime. Tout se joue à ce stade : un taux sous-évalué pèsera durablement sur l'indemnisation finale, puisque c'est lui qui sert de base au chiffrage du poste.
Le barème : comment l'expert cote le taux
Pour fixer le taux, le médecin-expert s'appuie sur un barème médical d'évaluation qui attribue à chaque type de séquelle une fourchette indicative de pourcentage. Ce barème n'a toutefois qu'une valeur d'aide à la décision : il guide l'expert sans le lier mécaniquement, car la cotation doit refléter la situation réelle et l'ensemble des fonctions altérées chez la victime examinée. La cotation est l'un des moments les plus disputés de l'expertise. Elle doit intégrer toutes les composantes des séquelles, et en particulier le handicap invisible — troubles cognitifs, de la mémoire, de l'attention, du comportement, fatigabilité — fréquemment minoré parce qu'il ne se voit pas. La présence d'un médecin-conseil de la victime, en contradictoire avec celui de l'assureur, est ici la meilleure garantie que rien ne soit oublié.
La valeur du point : âge et taux, deux variables décisives
Une fois le taux fixé, le DFP est valorisé en argent au moyen d'une valeur du point d'AIPP. Cette valeur n'est pas uniforme : elle est modulée par deux paramètres. Elle croît avec l'importance du taux — plus la victime est lourdement atteinte, plus chaque point se valorise — et elle décroît avec l'âge de la victime — plus la victime est jeune au moment de la consolidation, plus la valeur du point est élevée, parce que les séquelles l'accompagneront durant un plus grand nombre d'années. L'enjeu financier est donc d'autant plus important que la victime est jeune et gravement atteinte. Le montant final du poste résulte de la multiplication du taux par la valeur du point applicable.
- le taux d'AIPP, arrêté en pourcentage par l'expert ;
- la valeur du point, croissante avec le taux et décroissante avec l'âge ;
- le montant du DFP, produit du taux par la valeur du point retenue.
Les juridictions et les praticiens se réfèrent à des référentiels indicatifs de valeur du point, établis par tranches d'âge et de taux. Ces référentiels n'ont aucune force obligatoire : ils éclairent la discussion sans s'imposer au juge, qui apprécie souverainement la réparation due. La valeur du point réellement obtenue dépend donc autant de la qualité de l'argumentation que des barèmes invoqués, et le choix du référentiel le plus favorable, comme la motivation de l'évaluation, font pleinement partie de la défense de la victime.
Distinguer le DFP des postes voisins
Le déficit fonctionnel permanent ne se confond avec aucun autre poste, et il importe de ne pas les laisser absorber les uns par les autres. Il se distingue du déficit fonctionnel temporaire, qui répare la gêne subie avant la consolidation. Il ne se confond pas avec les souffrances endurées (pretium doloris), cotées de 1 à 7, qui indemnisent les souffrances physiques et psychologiques temporaires endurées jusqu'à la consolidation : une fois consolidée, la part de souffrance qui persiste est intégrée au DFP. Il est également distinct du préjudice d'agrément, qui répare l'impossibilité de pratiquer une activité sportive ou de loisir déterminée, et de l'incidence professionnelle, qui répare la dévalorisation sur le marché du travail. Chacun de ces postes doit être revendiqué séparément, sous peine de réparation incomplète.
Contester une cotation sous-évaluée
Le rapport d'expertise n'a pas de valeur juridictionnelle : il ne lie pas le juge et peut être contesté, complété ou écarté. La sous-évaluation du taux d'AIPP est d'ailleurs l'un des motifs de contestation les plus fréquents. Encore faut-il que la critique soit étayée : un désaccord de principe ne suffit pas, il faut opposer au rapport des constatations médicales objectives, un avis circonstancié de médecin-conseil ou une faille méthodologique. Plusieurs voies existent — le dire adressé à l'expert, auquel celui-ci doit répondre dans son rapport définitif, la contre-expertise et le référé-expertise — et leur choix relève d'une stratégie procédurale précise. Une cotation insatisfaisante n'est jamais le dernier mot.
Le rôle du cabinet
L'évaluation du déficit fonctionnel permanent se gagne d'abord à l'expertise, puis dans la discussion de la valeur du point. Notre cabinet vous assiste à chaque étape : préparation de l'expertise et des doléances, orientation vers un médecin-conseil spécialisé en réparation du dommage corporel, vérification que toutes les fonctions altérées — y compris le handicap invisible — sont prises en compte dans la cotation, puis défense d'une valeur du point conforme à votre âge et à la gravité de vos séquelles. L'objectif est constant : obtenir la réparation intégrale du préjudice définitif, sans qu'aucune part de l'atteinte ne reste indemnisée à la baisse.
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Questions fréquentes
Nous avons rassemblé ici les réponses aux questions que vous nous posez le plus souvent. Si la vôtre n’y figure pas, notre équipe est juste à un clic.
Ce sont deux faces d'une même réalité. L'AIPP (atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique) est le taux médical, exprimé en pourcentage, qui mesure l'importance des séquelles. Le DFP (déficit fonctionnel permanent) est le poste de préjudice de la nomenclature Dintilhac qui, à partir de ce taux, indemnise en argent la réduction définitive des fonctions, les douleurs permanentes et la perte de qualité de vie après consolidation.
Le médecin-expert fixe d'abord un taux d'AIPP en pourcentage, en s'appuyant sur un barème médical. Ce taux est ensuite multiplié par une valeur du point. Cette valeur n'est pas fixe : elle augmente avec l'importance du taux et diminue avec l'âge de la victime. Plus vous êtes jeune et gravement atteint à la consolidation, plus chaque point se valorise.
Parce que les séquelles accompagneront la victime tout au long de sa vie. À taux égal, une victime jeune subira son déficit fonctionnel permanent pendant un nombre d'années bien plus grand qu'une victime âgée : la valeur du point retenue est donc d'autant plus élevée que la victime est jeune au moment de la consolidation.
Le rapport d'expertise ne lie pas le juge et peut être contesté. À condition d'opposer des éléments médicaux objectifs et l'avis d'un médecin-conseil, plusieurs voies sont ouvertes : le dire adressé à l'expert, la contre-expertise ou le référé-expertise. Une cotation sous-évaluée n'est jamais définitive ; elle ouvre une phase de discussion technique et juridique.
Oui. Ce sont deux postes distincts. Les souffrances endurées réparent les douleurs physiques et psychologiques subies jusqu'à la consolidation, cotées sur une échelle de 1 à 7. Le déficit fonctionnel permanent répare, lui, l'état séquellaire définitif après consolidation. Chacun doit être revendiqué séparément.