Chute grave : indemnisation (escalier, fenêtre)
Chute grave dans un escalier, d'une fenêtre ou dans un commerce : qui est responsable, comment prouver la chute et obtenir l'indemnisation des blessures.

Après une chute grave dans un escalier, d'une fenêtre, dans un magasin ou sur un trottoir, la victime peut obtenir l'indemnisation de son dommage corporel lorsque la chute est imputable à un tiers : propriétaire, syndicat des copropriétaires, bailleur, exploitant d'un commerce ou commune. Tout repose sur deux éléments : identifier le responsable, gardien du lieu ou de la chose qui a causé la chute, et figer sans délai la preuve des circonstances. L'indemnisation d'une chute obéit ensuite au principe de réparation intégrale, poste par poste.
La chute est l'un des modes d'accident corporel les plus fréquents. Elle peut survenir dans les parties communes d'un immeuble, chez un ami ou un loueur, sur la voie publique, dans un commerce, un hôtel ou un équipement sportif. Une chute de hauteur ou dans un escalier peut provoquer des fractures multiples, un traumatisme crânien ou une lésion de la moelle épinière. La preuve, souvent fragile et périssable, doit être réunie dès les premiers jours : la marche cassée est réparée, la flaque essuyée, les images de vidéosurveillance effacées.
Chute grave : qui est responsable ?
Lorsque la victime tombe chez elle, seule et sans intervention d'une chose défectueuse appartenant à un tiers, aucun responsable ne peut être recherché : seule une assurance de personnes, comme une garantie des accidents de la vie, peut alors intervenir. Cette hypothèse relève de l'accident domestique. À l'inverse, dès que la chute trouve son origine dans un lieu ou un objet dont un tiers a la garde, ou dans un manquement à une obligation de sécurité, une action en responsabilité est possible.
Le fondement le plus utilisé est la responsabilité du fait des choses, prévue par l'article 1242 du code civil : on est responsable du dommage causé par les choses que l'on a sous sa garde. Lorsque la chose est inerte (une marche, un sol, un garde-corps), la victime doit démontrer qu'elle a joué un rôle actif dans sa chute, c'est-à-dire qu'elle présentait une anomalie : position anormale, mauvais état, caractère glissant, absence de signalisation, éclairage insuffisant.
Les responsables possibles selon le lieu de la chute
- le syndicat des copropriétaires, gardien des parties communes d'un immeuble (escaliers, paliers, hall, cour), représenté par le syndic ;
- le propriétaire de l'immeuble, au titre de la responsabilité du fait des bâtiments lorsque la ruine d'un élément est due à un défaut d'entretien ou à un vice de construction (article 1244 du code civil) ;
- le bailleur, tenu envers son locataire de délivrer et d'entretenir un logement en bon état et de garantir les vices de la chose louée ;
- l'occupant ou l'hôte qui reçoit chez lui, gardien des lieux et des objets qui s'y trouvent ;
- l'exploitant d'un commerce, d'un hôtel, d'un restaurant ou d'un établissement recevant du public, tenu d'une obligation de sécurité envers les usagers ;
- la commune ou une autre personne publique, responsable de l'entretien normal de la voirie et des ouvrages publics.
Plusieurs responsables peuvent coexister : un syndicat des copropriétaires et une entreprise de nettoyage, un exploitant et son prestataire de maintenance, un bailleur et l'occupant. Chacun est en principe garanti par son assureur de responsabilité civile, contre lequel la victime dispose d'une action directe.
Chute dans un escalier ou dans les parties communes
La chute dans un escalier d'immeuble ou dans les parties communes d'une copropriété met en cause la responsabilité du syndicat des copropriétaires, gardien de l'immeuble. Le syndic, son mandataire, doit veiller à l'entretien et à la conformité des lieux : éclairage suffisant et minuterie adaptée, état des marches et des nez de marche, revêtements non glissants, présence et solidité des garde-corps et mains courantes, signalisation des dangers temporaires comme un sol fraîchement lavé ou des travaux en cours.
Le bailleur, de son côté, répond envers son locataire de l'état du logement et des éléments qu'il met à sa disposition. Lorsque la ruine d'un élément du bâtiment est en cause (rampe qui cède, marche qui s'effondre, balcon qui se détache), la responsabilité du fait des bâtiments, prévue par l'article 1244 du code civil, peut être invoquée contre le propriétaire pour défaut d'entretien ou vice de construction.
Les anomalies à documenter
- une marche cassée, descellée, de hauteur irrégulière ou au nez de marche usé ;
- une main courante absente, interrompue ou mal fixée ;
- un éclairage en panne ou une minuterie trop courte ;
- un revêtement glissant, un tapis non fixé, un sol mouillé non signalé ;
- un obstacle laissé dans l'escalier ou un chantier non balisé.
Chute d'une fenêtre, d'un balcon et défenestration d'enfant
La réglementation de la construction impose des dispositifs de protection (garde-corps, allèges) pour les fenêtres, balcons et ouvertures présentant un risque de chute. Leur hauteur et leur résistance sont normalisées. Le défaut de conformité, l'usure, le descellement ou le démontage d'un garde-corps engagent la responsabilité du propriétaire, du bailleur ou de l'occupant selon les circonstances.
La défenestration d'un enfant est un drame qui donne lieu à un contentieux particulier. La responsabilité des parents au titre de la surveillance peut coexister avec celle du bailleur, du syndicat des copropriétaires ou du propriétaire lorsque le garde-corps était absent, trop bas, trop espacé ou défaillant, ou lorsque l'aménagement des lieux favorisait l'escalade. Le partage de responsabilité dépend de la caractérisation précise du défaut de l'ouvrage : un relevé des cotes, des photographies et, si nécessaire, l'avis d'un technicien sont déterminants.
Lorsque l'enfant est tombé chez un tiers (nourrice, famille, centre d'accueil), la responsabilité de la personne qui en avait la garde et celle du propriétaire des lieux sont examinées ensemble. Pour un enfant gravement blessé, l'évaluation du dommage ne peut intervenir qu'après sa consolidation, souvent à l'âge adulte, ce qui impose de demander des provisions dans l'intervalle.
Chute dans un commerce, un hôtel ou un lieu recevant du public
L'exploitant d'un magasin, d'un supermarché, d'un hôtel, d'un restaurant, d'une salle de sport ou de tout établissement recevant du public est tenu d'une obligation de sécurité envers les personnes qu'il accueille. Un sol mouillé non signalé, un produit tombé dans une allée, l'absence de tapis antidérapant à l'entrée par temps de pluie, une marche ou un dénivelé non matérialisé, un escalator défectueux ou un éclairage insuffisant peuvent constituer des manquements à cette obligation.
Selon la situation de la victime, le fondement juridique varie : responsabilité contractuelle à l'égard du client lié par un contrat de vente ou de prestation, responsabilité délictuelle du fait des choses à l'égard du simple visiteur, obligation générale de sécurité prévue par le code de la consommation. Le choix du fondement a des conséquences sur la preuve à apporter : il est examiné au cas par cas.
Les bons réflexes après une chute dans un commerce
- signaler immédiatement la chute au personnel et demander qu'elle soit consignée dans le registre ou la main courante de l'établissement ;
- photographier le sol, l'obstacle ou la marche, ainsi que l'absence de signalisation ;
- relever les noms et coordonnées des témoins, clients comme salariés ;
- conserver le ticket de caisse, la réservation ou tout document établissant la présence sur les lieux ;
- demander sans délai, par lettre recommandée et au besoin par voie de référé, la conservation des enregistrements de vidéosurveillance avant leur effacement automatique.
Ces images constituent souvent la preuve la plus déterminante des circonstances exactes de la chute. Leur durée de conservation étant limitée, chaque jour compte.
Chute sur la voie publique : la responsabilité de la commune
La commune est responsable de l'entretien normal de la voirie communale et de la signalisation des dangers. Le défaut d'entretien (trottoir dégradé, nid-de-poule profond, plaque d'égout descellée, potelet arraché) ou de signalisation (travaux non balisés, verglas non traité sur une zone connue) engage sa responsabilité administrative, devant le tribunal administratif. D'autres gestionnaires peuvent être concernés : département, concessionnaire de réseaux, entreprise de travaux.
La victime d'une chute sur la voie publique doit démontrer l'anormalité du danger et son lien avec la chute ; la personne publique peut s'exonérer en prouvant l'entretien normal de l'ouvrage, ou invoquer l'imprudence de la victime, notamment lorsque le défaut était visible. Les photographies prises immédiatement avec un repère de dimension, les témoignages et le constat d'un commissaire de justice sont essentiels, d'autant que le défaut est souvent réparé rapidement après l'accident. Les règles de délai propres aux créances sur les personnes publiques doivent être vérifiées sans tarder.
Prouver la chute : la preuve se perd vite
La preuve des circonstances et du défaut imputable au gardien est l'enjeu central d'un dossier de chute. Une intervention rapide pour figer les éléments est souvent décisive. Le responsable et son assureur contestent fréquemment la réalité de la chute, son lieu exact ou le caractère anormal de la chose.
- le certificat médical initial et le compte rendu des urgences, qui datent les lésions et rapportent les circonstances décrites par la victime ;
- l'intervention des pompiers ou du SAMU, dont la fiche mentionne le lieu de prise en charge ;
- les photographies et vidéos des lieux, prises le jour même ou dès que possible ;
- les attestations de témoins, rédigées sur le formulaire prévu à cet effet avec copie d'une pièce d'identité ;
- le constat d'un commissaire de justice, utile lorsque le responsable risque de faire disparaître le défaut ;
- les échanges avec le syndic, le bailleur ou l'exploitant, et les éventuelles réclamations antérieures d'autres occupants.
Lorsque la preuve est menacée, une mesure d'instruction peut être demandée au juge avant tout procès, pour faire constater l'état des lieux par un expert ou ordonner la conservation de documents.
Indemnisation d'une chute : les postes de préjudice
L'indemnisation d'une chute grave suit la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux (pertes économiques) et extra-patrimoniaux (préjudices personnels), temporaires (avant consolidation) et permanents (après). Pour une chute, l'expertise doit décrire précisément chaque séquelle : fractures du bassin, du col du fémur ou du poignet, atteinte du rachis, traumatisme crânien, limitation de la marche.
Préjudices patrimoniaux
- les dépenses de santé restées à charge : soins, kinésithérapie, appareillage, cannes, déambulateur ;
- les frais divers : déplacements pour les soins, assistance d'un médecin-conseil lors de l'expertise ;
- l'aide humaine temporaire puis permanente, même lorsqu'elle est assurée par un proche ;
- la perte de revenus pendant l'arrêt de travail, puis les pertes de gains professionnels futurs et l'incidence professionnelle ;
- l'aménagement du logement et du véhicule lorsque la mobilité est durablement réduite.
Préjudices extra-patrimoniaux
- le déficit fonctionnel temporaire, pendant l'hospitalisation et la rééducation ;
- les souffrances endurées, physiques et psychiques ;
- le préjudice esthétique, temporaire et permanent (cicatrices, boiterie, aides techniques) ;
- le déficit fonctionnel permanent, qui mesure les séquelles définitives ;
- le préjudice d'agrément, lorsque la victime ne peut plus pratiquer une activité de sport ou de loisir ;
- le préjudice sexuel et le préjudice d'établissement dans les cas les plus graves.
Lorsqu'une chute de hauteur entraîne une lésion médullaire, un traumatisme crânien grave ou un polytraumatisme, le dossier relève des dossiers lourds : besoins en tierce personne, logement et véhicule adaptés, perte de toute activité professionnelle. Ces besoins futurs sont capitalisés, c'est-à-dire convertis en un capital calculé à partir du coût annuel, de l'âge et de l'espérance de vie de la victime ainsi que d'un taux d'actualisation.
L'expertise médicale et les pièges de l'assureur
L'assureur du responsable organise généralement une expertise par son propre médecin. La victime a intérêt à s'y présenter assistée d'un médecin-conseil indépendant, qui défend ses intérêts sur le plan médical, vérifie la mission confiée à l'expert et fait consigner chaque séquelle. Les pièces médicales (comptes rendus opératoires, imagerie, bilans de rééducation) doivent être réunies et classées avant l'examen.
Plusieurs pièges sont fréquents : contestation de la responsabilité pour proposer une indemnisation réduite, imputation des séquelles à un état antérieur (arthrose, ostéoporose), consolidation fixée trop tôt, offre globale sans détail par poste. Accepter une transaction prématurée peut fermer la porte à toute réclamation ultérieure, sauf aggravation. Le droit à réparation des victimes de chute ne relève pas de la loi Badinter, réservée aux accidents de la circulation : les délais d'offre imposés aux assureurs automobiles ne s'appliquent pas, ce qui rend la stratégie de l'avocat d'autant plus importante.
En l'absence d'accord, le juge peut être saisi en référé pour ordonner une expertise judiciaire et allouer une provision lorsque l'obligation du responsable n'est pas sérieusement contestable. L'action en responsabilité née d'un dommage corporel se prescrit en principe par dix ans à compter de la consolidation (article 2226 du code civil), sous réserve des règles propres aux actions contre une personne publique.
Ce que jugent les tribunaux : décisions récentes
Cour d'appel de Lyon, 1re chambre civile B, 31 mars 2026, RG n° 24/02885 : une cliente de près de 80 ans avait glissé sur le carrelage mouillé de l'entrée d'un supermarché, un jour de pluie, et s'était fracturé l'épaule. L'exploitant n'avait commis aucune faute : le carrelage était antidérapant et un contrat de nettoyage était en place. La cour retient pourtant sa responsabilité en tant que gardien du sol, sur le fondement de l'article 1242 du code civil, le caractère anormalement glissant du sol étant établi par des témoignages concordants.
Cour de cassation, 2e chambre civile, 7 avril 2022, n° 20-19.746 (publié au bulletin) : un jeune homme hébergé chez des amis avait basculé dans le vide, et trouvé la mort, en s'asseyant sur le rebord d'une fenêtre du cinquième étage située à 42 cm du sol et dépourvue de garde-corps. La Cour de cassation juge que seul le fait de la victime à l'origine exclusive de son dommage peut écarter la responsabilité du gardien, et que l'absence de garde-corps empêchait de considérer l'imprudence de la victime, même alcoolisée, comme la cause exclusive du dommage. Sur renvoi, la responsabilité du propriétaire a été retenue, la moitié du dommage restant à la charge de la victime en raison de son imprudence.
Cour d'appel d'Aix-en-Provence, chambre 1-6, 9 novembre 2023, RG n° 22/01561 : un homme de 45 ans avait glissé sur la rampe d'accès inclinée d'un immeuble en copropriété, après le passage de l'entreprise de nettoyage, et s'était fracturé le col du fémur, ce qui a imposé la pose d'une prothèse totale de hanche. La cour retient l'anormalité du sol, rendu glissant par le nettoyage sans aucune signalétique et d'autant plus dangereux du fait de la pente, sur la foi de deux attestations concordantes. Elle juge que le contrat de nettoyage avait transféré la garde du sol à l'entreprise pendant ses prestations : c'est elle qui doit indemniser la victime, aucune faute de celle-ci n'étant invoquée. Identifier le bon gardien de la chose est donc décisif.
Un cas concret
Dans l'affaire jugée par la cour d'appel de Lyon le 31 mars 2026, la cliente s'était vu poser une prothèse totale d'épaule après sa chute, et l'exploitant avait refusé de lui verser une provision. Il soutenait que les attestations de son mari et de sa fille n'avaient aucune valeur, qu'aucune photographie ni vidéo n'était produite et que la pluie ne rendait pas le sol anormal. La cour a retenu les témoignages concordants, dont celui d'une personne sans lien d'intérêt avec la victime, qui décrivaient un sol détrempé que le magasin avait dû faire sécher à la machine après l'accident.
L'exploitant a été condamné à indemniser l'aide humaine avant et après consolidation, capitalisée sur la vie de la victime, son déficit fonctionnel, ses souffrances et son préjudice esthétique, ainsi qu'à rembourser les organismes qui avaient pris en charge ses soins. Son recours contre la société de nettoyage a été rejeté, faute de preuve d'un manquement de celle-ci : c'est bien l'exploitant, gardien du sol, qui répond de la chute de ses clients.
Avocat chute : la méthode du cabinet
Avocat expert en dommage corporel, le cabinet DEHAN SCHINAZI intervient dès les premiers jours pour sécuriser la preuve, identifier tous les responsables et leurs assureurs, puis construire l'évaluation de chaque poste de préjudice. Le dossier est préparé avec un médecin-conseil de victime et, selon les besoins, un ergothérapeute, un architecte ou un expert technique pour analyser un garde-corps, un escalier ou un revêtement.
- analyse des circonstances et du fondement de responsabilité le plus adapté ;
- mesures conservatoires : vidéosurveillance, constat, expertise des lieux ;
- demande de provisions pour faire face aux dépenses avant la consolidation ;
- assistance à chaque expertise et contestation des conclusions insuffisantes ;
- négociation de l'offre poste par poste, ou action en justice si elle ne répare pas l'intégralité du préjudice.
Si vous ou l'un de vos proches avez été gravement blessé à la suite d'une chute, le cabinet peut examiner votre situation, vous indiquer les recours envisageables et les premières démarches à accomplir.
Publié par le cabinet Dehan-Schinazi : Maître Yohan Dehan et Maître Allan Schinazi, avocats au barreau de Paris, experts en dommage corporel.
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Questions fréquentes
Nous avons rassemblé ici les réponses aux questions que vous nous posez le plus souvent. Si la vôtre n’y figure pas, notre équipe est juste à un clic.
Une chute à son propre domicile, sans intervention d'un tiers, ne permet pas d'action en responsabilité. Seule une assurance de personnes, comme une garantie des accidents de la vie, peut intervenir selon ses conditions. En revanche, un locataire qui chute en raison d'un défaut du logement peut agir contre son bailleur.
Dans une copropriété, le syndicat des copropriétaires est gardien des parties communes et peut voir sa responsabilité engagée si l'escalier présentait une anomalie : marche abîmée, éclairage défaillant, main courante absente, sol glissant non signalé. Son assureur indemnise alors la victime.
Signalez la chute au personnel, photographiez le sol et l'obstacle, relevez les noms des témoins et conservez votre ticket de caisse. Demandez rapidement, par écrit, la conservation des images de vidéosurveillance, qui sont effacées automatiquement après un certain délai.
Oui. L'exploitant répond, en tant que gardien du sol, d'une chute causée par un sol anormalement glissant, même sans faute de sa part. La cour d'appel de Lyon l'a jugé le 31 mars 2026 (RG n° 24/02885) pour une cliente tombée sur le carrelage mouillé de l'entrée d'un supermarché, alors que le sol était antidérapant et qu'un contrat de nettoyage existait. Des témoignages précis et concordants ont suffi à prouver l'état du sol.
La surveillance des parents est examinée, mais elle n'exclut pas la responsabilité du propriétaire, du bailleur ou du syndicat des copropriétaires lorsque le garde-corps était absent, non conforme ou défaillant. Le partage dépend des constatations techniques réalisées sur les lieux.
Contre la personne publique chargée de l'entretien de la voie, le plus souvent la commune, devant le tribunal administratif. Il faut démontrer que le défaut dépassait ce que l'on peut normalement attendre d'un trottoir et qu'il a causé la chute. Les photographies prises le jour même sont essentielles.
L'assureur l'invoque souvent. Le principe est que la victime est indemnisée des conséquences de la chute : un état antérieur qui ne se manifestait pas avant l'accident ne justifie pas, en lui-même, une réduction. Le médecin-conseil de victime discute ce point lors de l'expertise.
L'action en réparation d'un dommage corporel se prescrit en principe par dix ans à compter de la consolidation. Des règles différentes s'appliquent aux réclamations contre une commune ou une autre personne publique. Il est surtout recommandé d'agir vite pour préserver les preuves.