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Accidents médicaux

Aléa thérapeutique : l'indemnisation par l'ONIAM

Aléa thérapeutique : un accident médical sans faute peut être indemnisé par l'ONIAM si le dommage est anormal et atteint un seuil de gravité.

Aléa thérapeutique : l'indemnisation par l'ONIAM

Publié par le cabinet Dehan-Schinazi : Maître Yohan Dehan et Maître Allan Schinazi, avocats au barreau de Paris, experts en dommage corporel.

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L'erreur médicale suppose une faute du professionnel ou de l'établissement, indemnisée par son assureur. L'aléa thérapeutique est un accident survenu sans faute, indemnisé par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale, sous conditions d'anormalité et de gravité.

Le seuil est atteint notamment en cas de déficit fonctionnel permanent supérieur à 24 %, ou d'arrêt des activités professionnelles ou de déficit fonctionnel temporaire d'au moins 50 % pendant au moins six mois. À titre exceptionnel, l'inaptitude définitive à l'activité antérieure ou des troubles particulièrement graves dans les conditions d'existence peuvent suffire.

Le dommage est anormal lorsque l'acte a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles la maladie exposait le patient sans traitement, ou, à défaut, lorsque la survenance du dommage présentait une faible probabilité.

Au titre de la solidarité nationale, les préjudices des proches sont indemnisés lorsque la victime est décédée. Si la victime a survécu, seuls ses propres préjudices sont pris en charge, ses proches ne pouvant agir que si une faute ou une responsabilité est établie.

L'avis de la CCI ne lie pas la victime. Si le dossier révèle une faute, il est possible de la faire reconnaître devant le juge, ce qui permet notamment d'indemniser les proches d'une victime vivante.

Non. Un risque connu peut constituer un aléa thérapeutique s'il était peu probable dans les conditions de l'acte. La notion de complication connue ne doit pas être confondue avec celle de dommage normal.

Pas toujours. Par un arrêt du 15 octobre 2025 (n° 24-14.186), la Cour de cassation a jugé que l'anormalité est établie soit par des conséquences notablement plus graves que l'évolution prévisible de la maladie sans traitement, soit, à défaut, par la faible probabilité du dommage. Lorsque le premier critère est rempli, la fréquence de la complication est indifférente.

Ce n'est pas obligatoire devant la CCI, mais c'est vivement conseillé : l'anormalité du dommage, le seuil de gravité et l'évaluation de l'offre de l'ONIAM sont des débats techniques où l'assistance d'un avocat et d'un médecin-conseil de victime pèse sur le résultat.

L'état antérieur ne fait pas obstacle à l'indemnisation, mais il est pris en compte pour apprécier l'imputabilité du dommage à l'acte et son anormalité. Le rôle du médecin-conseil de victime est de distinguer précisément ce qui relève de la maladie initiale et ce qui résulte de l'accident médical.